Agir au plus vite pendant le confinement

Paella du chef, salade de blé et crudités, couscous agneau…

Tous les jours, depuis le début du confinement, l’Étage sert, en moyenne, 430 repas à emporter. Les plats sont accompagnés de pain, fromage, dessert et boisson et le tout est gratuit. Voici le journal d’une réponse quasi immédiate à une situation d’urgence.

Lundi, veille de confinement, l’Étage décide de fermer son accueil de jour et ses permanences d’accompagnement social. Après une tentative d’ouverture, le flux de personnes, des centaines par jour, est en effet trop compliqué à gérer. Il s’avère impossible de faire respecter les gestes barrière malgré la mise à disposition de gel hydroalcoolique en plusieurs points du bâtiment.

Mardi, premier jour du confinement. L’équipe de cuisine prépare le repas de midi comme à son habitude pour une centaine de personnes. La salle de restaurant est aménagée pour recevoir 20 personnes maximum avec une bonne distance entre les tables. Les gens attendent leur tour dehors. Mais on mesure vite la difficulté de cette organisation. La direction et l’équipe de cuisine décident alors de ne pas servir en salle et de distribuer des plats à emporter par la fenêtre.

Mercredi, deuxième jour de confinement. Comment rester les bras croisés face à la détresse des personnes à la rue qui ne trouvent plus de lieux où s’approvisionner ou se nourrir ? Jacques Buisson, directeur général de L’Étage, contacte les services de la Ville et de l’État, avec lesquels il convient de mettre en place en urgence une distribution de repas gratuits pour le midi et le soir. Autre point critique : les restaurants, bibliothèques et autres lieux publics étant fermés, nombre de personnes à la rue n’ont plus accès aux toilettes. L’Étage aménage l’accès à ses toilettes à certaines heures. La Ville de Strasbourg fournit les barrières et fait le lien avec les services de la protection civile pour aider lors des distributions.

L’accompagnement social des jeunes se poursuit par téléphone pour débloquer notamment des aides financières d’urgence. La distribution de produits alimentaires et d’hygiène pour les 800 personnes hébergées par l’association est maintenue.

Lundi, septième jour de confinement. Depuis quelques jours, l’Étage distribue des plats à emporter par l’une de ses fenêtres du rez-de-chaussée. Les gens font la queue devant le bâtiment. Deux agents de la protection civile et deux salarié.e.s de l’Étage s’assurent que tout se déroule dans le calme, que la file est fluide et que les gens maintiennent une distance respectable entre eux. Le nombre de personnes qui viennent chercher leurs repas ne cesse de croître. Ils étaient 200, puis 250, etc. Aujourd’hui, ils sont environ 430. La cuisine s’organise. Les produits d’épicerie sont entreposés dans la salle de restaurant et les boissons à la cafèt’.

 

paella

Sur d’autres fronts, une équipe de l’Étage distribue des colis alimentaires et des couches bébés pour une partie des 800 personnes logées dans son dispositif d’hébergement de familles à droits incomplets.

« Nous rencontrons un formidable élan de solidarité, constate Wima Farzan, responsable du service restauration : des cuisiniers qui viennent travailler avec nous bénévolement, des personnes qui nous proposent par messagerie des denrées alimentaires, ou même de confectionner des plats. Parmi nos collègues, nombreux sont ceux qui occupent, en ce moment, des postes qui ne sont pas les leurs, qui font de la manutention alors qu’ils sont travailleurs sociaux, par exemple. On vit quelque chose tous ensemble. C’est une aventure collective, un moment très fort. »

Jeudi, dixième jour de confinement. Le nombre de repas servis ne cesse d’augmenter et l’absence ou le peu d’aide alimentaire pour les plus démunis pendant le week-end inquiète. Pour faire des repas 7 jours sur 7 et tenir la cadence, l’équipe en place ne suffit pas. On fait appel à des bénévoles ayant des compétences dans le domaine de la cuisine et de la restauration collective. Six cuisiniers répondent à l’appel et le service de distribution de paniers-repas fonctionne désormais les samedis et dimanches à midi. Les paniers sont assez bien fournis pour que les gens aient à manger pour le soir.