Visite ministérielle à l’Etage

Mme Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, a rencontré le public et visité les locaux de l’association le jeudi 20 décembre 2018. Accompagné de M. Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, M. Marx Jean-Luc, préfet de la région Grand-Est, M. Frederic Bierry, président de Conseil départemental du Bas-Rhin, et de Mme Marie-Dominique Dreysse, adjointe au maire de Strasbourg en charge de la solidarité, la secrétaire d’Etat a passé près de deux heures au 19, quai des Bateliers et y a signé une convention d’engagement financier de l’Etat vers le Département.

Nous reproduisons ici l’article paru à cette occasion dans les DNA.

Visite à l’Étage

Hier, Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé était à Strasbourg. Accompagnée d’Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, elle a découvert le travail effectué sur le terrain par l’association Étage.

« Nous refusons que les enfants pauvres d’aujourd’hui soient les adultes pauvres de demain », a déclaré la ministre, devant les acteurs sociaux de la conférence régionale sur la lutte de la pauvreté à l’ENA. Une manière d’affirmer la priorité donnée aux jeunes dans la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté.

Et des jeunes en difficultés (et des moins jeunes), l’Étage en voit passer 700 par an dans ses locaux quai des Bateliers à Strasbourg. L’endroit accueille sur 1300m2 une cafétéria, un restaurant. Et depuis un an, un lieu d’accueil enfants-parents (laep) où des familles, monoparentales, le plus souvent accompagnées par l’association, viennent passer une heure ou deux pour rencontrer d’autres parents. « Ici, on ne vous demande rien, c’est anonyme », apprécie une maman.

« Depuis hier, j’ai le RSA »

En bas au « club de jeunes », ils sont une vingtaine attablés. Certains sont concentrés sur l’ordinateur ou sur une partie d’échecs. D’autres discutent entre eux. Parmi eux, deux demandeurs d’asile de 23 ans, en France depuis plusieurs mois : « Je suis passé par Caritas, et ils m’ont donné un bon pour 20 repas, car je n’ai pas de sous. Je mange ici à midi », dit le plus grand.

Et le soir ? « Si on appelle le 115, des fois ils nous donnent un lit pour un soir, des fois pour une semaine. Quand il n’y en a pas, on dort dans la rue » explique son copain. Le premier est ouvrier vitrier, le second aimerait faire une formation dans la restauration. « Mais pour cela, il faut avoir des papiers. Et la demande d’asile ça peut être long et très compliqué ».

Assise seule à une table, Lyne (*) 25 ans, écrit dans un cahier. « J’ai repris des études : je suis en terminale bac pro services de proximité et vie locale. Je viens tous les jours ici, pour manger, car financièrement c’est compliqué ».

Hébergée dans un foyer la jeune femme explique qu’elle vivait jusque-là avec 225 euros/mois. « Et depuis hier, j’ai le RSA. C’est mieux qu’avant ».

La visite au pas de charge de la ministre et des élus perturbe un peu cette jeunesse en galère, et provoque quelques réactions épidermiques « C’est qui ceux-là ? On ne veut pas de photos. »

Jacques Buisson, le directeur de l’Étage raconte qu’à ses débuts « chaque mois, l’association avait un jeune qui mourait par mois. Aujourd’hui, dit-il, c’est exceptionnel, mais la situation reste compliquée ». Étage fonctionne avec plus de 40 travailleurs sociaux plus une quinzaine d’intervenants sociaux.

« Il y a une dizaine d’années, l’absence de protection sociale, de famille pour certains jeunes, le besoin d’un coup de pouce et d’un accompagnement constituaient nos motivations pour agir », poursuit le responsable. « Dix ans plus tard, ça reste valable. »

DNA 21decembre2018[1]