Des chiens, le Covid et les caravanes

Avril 2020, pendant le confinement, les services de l’Etat et de la Ville proposent à l’Etage d’héberger en caravanes des personnes à la rue avec des animaux de compagnie. Voici un premier témoignage des travailleurs sociaux sur place

Le 18 mai 2020, les premiers résidents aménagent sur l’espace Joséphine Baker à Strasbourg. Ce sont aujourd’hui dix-sept personnes, et vingt chiens, qui vivent sur le site.  

Chaque caravane est équipée d’un réfrigérateur, d’un lit et d’une plaque électrique.

Si le cadre de cette mise à l’abri est d’ordre sanitaire, cela fut aussi l’occasion pour un public très précarisé d’accéder à un « chez soi », après de nombreuses années de rue. Les personnes se sont bien appropriées le lieu et ont pris conscience de l’intérêt de respecter les règles de vie pour favoriser des relations de voisinage harmonieuses. Ainsi, chacun s’implique de manière participative à l’entretien de sa caravane et des espaces collectifs partagés (le terrain, les blocs sanitaires..).

Les personnes accueillies se reposent, reconstruisent des repères, prennent soin d’elle (l’infirmière de l’Etage passe régulièrement sur le site) et, in fine formulent de nouveaux projets de vie.

Une personne a déjà quitté le dispositif pour accéder à un logement chez un bailleur social, 4 personnes ont trouvé un emploi, 1 personne a repris une démarche de formation. 

Jean s’adonne à sa passion la course à pied. Il se prépare au Marathon de Strasbourg, il court régulièrement de 27 à 34 km. Il s’est mis à l’apprentissage de la guitare. Pour ces 50 ans, il a acheté son propre instrument de musique.

Jérémie, lui, apprend à prendre soin de lui, il se libére de sa dépendance à la drogue et profite de cette stabilité pour suivre l’observance de son traitement de substitution.

Théa fait le ménage chaque jour dans sa caravane et l’embellit de jour en jour.

Mickaël profite d’avoir un chez lui pour parfaire l’éducation de ses chiens.

Sur le site, les jours passent et discrètement, chacun se construit un nouveau chemin, fragile mais optimiste.

Malgré la fin du déconfinement, les services de l’Etat et de la Ville continuent de soutenir le projet, au moins jusqu’à la fin de l’année.